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Paris, je t’aime mais je te quitte

Paris, je t’aime mais je te quitte

20 novembre 2017

Ma chère et tendre Paris,
Tu m’as offert les plus folles années de ma vie. Toi et moi, c’est comme la chanson des vieux amants de Brel : 20 ans d’un amour passionnel, déraisonnable. Je t’ai découverte, je t’ai adulée ; on s’est fâché, je t’ai claqué la porte au nez. On s’est expliqué, on s’est pardonné. Et, de nouveau, tu m’as fait chavirer. Ton manque d’air pur a été mon oxygène. Marcher dans tes rues m’a regonflée.

Déclaration de (dés)amour

Paris,
Suis-je schizophrène pour t’aimer, ou bien est-ce de t’aimer qui (me) rend schizophrène ? Lorsque ta beauté me saute aux yeux, c’en est presque trop. Je ne me lasserai jamais d’observer tes moindres détails. Traverser le pont de Bir-Hakeim par la ligne 6 du métro, juste pour regarder la Tour Eiffel ; gravir les escaliers de Montmartre et m’imaginer petite Poulbot des années 1900 ; me promener avec ma maman dans le Marais, quartier de sa naissance, et l’écouter raconter les histoires de son enfance ; vibrer à l’Opéra, Garnier ou Bastille – qu’importe ! – l’important étant d’y vibrer ; déambuler dans les jardins du Palais Royal, des Tuileries ou du Luxembourg ; boire un verre de Chardonnay à la terrasse des Deux Magots, un cocktail au bar Le Forum, une coupe de champagne au Champs de Mars* ; découvrir les dernières adresses bobo du 11e avec ma copine Marjorie ; m’enthousiasmer de tes efforts pour devenir plus verte ; ne jamais me lasser de ta mode, tes expos, tes restos, tes apéros, tes musées, tes conférences, tes rues, tes trésors, tes cachettes, tes cours secrètes, tes événements. Mince, Paris, même tes cimetières sont magnifiques ! Ton foisonnement culturel et le poids de ton passé te rendent si belle, si noble, si singulière…

Mais lorsque tes défauts prennent le pas, je ne te supporte plus. Ton snobisme, ton incivilité, ton niveau de stress quotidien, ton agressivité, tes incohérences… Et tous ces efforts qu’il faut déployer pour se montrer à la hauteur de tes exigences. Paris, tu es ma petite poule de luxe à moi. Mon Dieu que tu coûtes cher ! Entre le loyer, le train de vie, les restaurants, les sorties, les cafés, les cinés, les Monoprix… Est-ce une vie d’avoir à tant dépenser pour te côtoyer ? Pour cette raison et bien d’autres encore, j’ai eu besoin de prendre du recul. Besoin d’offrir à mes enfants plus de calme et de simplicité : une maison, un jardin… Et puis, j’en avais assez de culpabiliser à chaque fois que ma fille et moi passions difficilement entre 2 pots d’échappement. Alors oui, c’est vrai, les activités et « facilités » de consommation sont moins riches. Mais, somme toute, en avons-nous réellement besoin ?

Alors voilà, Paris,

J’ai choisi, une fois encore, de prendre mes distances. De façon un peu plus radicale cette fois. Au-delà de ton périphérique, à 300 km de toi. Je m’en suis allée voir ailleurs, si la vie est vraiment aussi douce qu’on le dit. Il y a un an (déjà), nous avons troqué notre petit 60 m2 contre une jolie maison pleine de cachet. Oh, ne va pas croire que nous nous sommes exilés en pleine cambrousse. Non. Nous avons fait le choix du compromis : rester en milieu urbain, mais dans une ville à « taille humaine ». Une ville pleine de charme, qui ne démérite pas sa place de numéro 1 au palmarès des villes les plus vertes de France. Dans une région tout aussi charmante, que nous commençons à peine à explorer. Ma chère et tendre Paris : oui je t’aime, mais je te quitte pour Angers.

* L’abus d’alcool est dangereux pour la santé 😉

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